Quand je te demande de m'écouter et que tu commences à me donner des conseils,
je ne me sens pas entendu.
Quand je te demande de m'écouter
et que tu me poses des questions, quand tu argumentes,
quand tu tentes de m'expliquer ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir,
je me sens agressé.
Quand je te demande de m'écouter
et que tu t'empares de ce que je dis
pour tenter de résoudre ce que tu crois être mon problème
aussi étrange que cela puisse paraître,
je me sens encore plus en perdition.
Quand je te demande ton écoute,
je te demande d'être là, au présent,
dans cet instant si fragile où je me cherche
dans une parole parfois maladroite,
inquiétante, injuste ou chaotique.
J'ai besoin de ton oreille, de ta tolérance,
de ta patience pour me dire au plus difficile comme au plus léger.
Oui simplement m'écouter… sans explication ou accusation,
sans dépossession de ma parole.
Écoute, écoute-moi.
Tout ce que je te demande, c'est de m'écouter.
Au plus proche de moi.
Simplement accueillir ce que je tente de te dire,
ce que j'essaie de me dire.
Ne m'interromps pas dans mon murmure,
n'aie pas peur de mes tâtonnements ou de mes imprécations.
Mes contradictions comme mes accusations,
aussi injustes soient-elles, sont importantes pour moi.
Par ton écoute je tente de dire ma différence,
j'essaie de me faire entendre surtout de moi-même.
J'accède ainsi à une parole propre,
celle dont j'ai été longtemps dépossédé.
Oh non, je n'ai pas besoin de conseils.
Je peux agir par moi-même et aussi me tromper.
Je ne suis pas impuissant,
parfois démuni, découragé, hésitant, pas toujours impotent.
Si tu veux faire pour moi,
tu contribues à ma peur,
tu accentues mon inadéquation et
peut-être renforce ma dépendance.
Quand je me sens écouté, je peux enfin m'entendre.
Quand je me sens écouté, je peux entrer en alliance.
Établir des ponts, des passerelles incertaines
entre mon histoire et mes histoires.
Relier des évènements, des situations,
des rencontres ou des émotions pour en faire la trame de mes interrogations.
Pour tisser ainsi l'écoute de ma vie.
Oui ton écoute est passionnante.
S'il te plaît écoute et entends-moi.
Et si tu veux parler à ton tour, attends juste un instant
que je puisse terminer et je t'écouterai à mon tour,
mieux, surtout si je me suis senti entendu.
Jacques Salomé.
Projet d'expression et de création artistique au Foyer Logement Village Luberon Château de Gargas.
Projet conduit par Lucia Carbone et Damien Toumi (Collectif Subito Presto) en partenariat avec l'équipe du Foyer Logement.
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"La vieille dame grincheuse"
"Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois-tu ?
Quand tu me regardes, que penses-tu ?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle,
Le regard perdu, qui n’y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais.
Qui, quand tu dis d’une voix forte « Essayez »,
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais,
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas.
Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise,
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.
C’est ça que tu penses, c’est ça que tu vois ?
Alors, ouvre les yeux, ce n’est pas moi,
Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille,
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux.
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux.
Une jeune fille de seize ans, des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt elle rencontrera un fiancé.
Mariée, déjà à vingt ans, mon cœur bondit de joie,
Au souvenir des vœux que j’ai fait ce jour-là.
J’ai vingt-cinq ans maintenant et un enfant à moi,
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l’un à l’autre par des liens qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là,
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés,
Nous revoilà avec des enfants, moi et mon bien aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt,
Je regarde vers le futur en frémissant de peur.
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs,
Et je pense aux années et à l’amour que j’ai connu.
Je suis vieille maintenant et la nature est cruelle,
Qui s’amuse à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s’en va, la grâce et la force m’abandonnent,
Et il y a maintenant une pierre là où jadis j’eus un cœur.
Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure,
Le vieux cœur se regonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et à nouveau je revis ma vie et j’aime.
Je repense aux années, trop courtes et trop vite passées,
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.
Alors ouvre les yeux toi qui me soignes et regarde,
Non la vieille femme grincheuse, regarde mieux, tu me verras."
(Poème trouvé dans les affaires d'une vieille dame irlandaise après sa mort.)
Quand tu me regardes, que penses-tu ?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle,
Le regard perdu, qui n’y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais.
Qui, quand tu dis d’une voix forte « Essayez »,
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais,
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas.
Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise,
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.
C’est ça que tu penses, c’est ça que tu vois ?
Alors, ouvre les yeux, ce n’est pas moi,
Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille,
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux.
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux.
Une jeune fille de seize ans, des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt elle rencontrera un fiancé.
Mariée, déjà à vingt ans, mon cœur bondit de joie,
Au souvenir des vœux que j’ai fait ce jour-là.
J’ai vingt-cinq ans maintenant et un enfant à moi,
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l’un à l’autre par des liens qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là,
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés,
Nous revoilà avec des enfants, moi et mon bien aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt,
Je regarde vers le futur en frémissant de peur.
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs,
Et je pense aux années et à l’amour que j’ai connu.
Je suis vieille maintenant et la nature est cruelle,
Qui s’amuse à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s’en va, la grâce et la force m’abandonnent,
Et il y a maintenant une pierre là où jadis j’eus un cœur.
Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure,
Le vieux cœur se regonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et à nouveau je revis ma vie et j’aime.
Je repense aux années, trop courtes et trop vite passées,
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.
Alors ouvre les yeux toi qui me soignes et regarde,
Non la vieille femme grincheuse, regarde mieux, tu me verras."
(Poème trouvé dans les affaires d'une vieille dame irlandaise après sa mort.)
"Mes p'tits chéris…"
"- Frappez à la porte de ma chambre avant d'entrer est un vrai souhait !…
- Respectez mon intimité et vous me comblerez…
- Evitez de me tutouer… que j'aimerais !…
- Fermez la porte de ma salle de bain… ça me plairait…
- Accompagnez moi au WC… svp… je suis tempée…
- Laissez-moi dormir… le temps à mon âge me le permet…
- Ecartez de mon café au lait toutes ces pilules jaunes, rouges, vertes… c'est amer à souhait…
- Fermez la fenêtre… la neige est tombée…
- Mettez-moi mon dentier… j'aimerais tant manger un morceau de poulet…
- Tenez-moi délicatement… ma peau est si fragilisée…
- Changez-moi ma robe tachée… je vais me promener…
- N'oubliez pas mon pansement… il est détaché…
- Permettez-moi de vous appeler… j'ai si mal au côté…
- Pardonnez-moi si je me suis oubliée… mais la sonnette est à l'opposé…
- Mettez-moi mon appareil auditif… j'entendrai les oiseaux chanter…
- Détachez-moi… il fait si beau pour marcher…
- Regardez-moi pour me parler…vous verrez mes larmes couler…
- Laissez-moi m'isoler… c'est ma liberté de penser…
- Donnez-moi la parole… j'ai toute ma vie à raconter…
- Acceptez-moi à vos côtés même si je suis âgée… je n'ai plus que vous à aimer…"
(Anonyme)
- Respectez mon intimité et vous me comblerez…
- Evitez de me tutouer… que j'aimerais !…
- Fermez la porte de ma salle de bain… ça me plairait…
- Accompagnez moi au WC… svp… je suis tempée…
- Laissez-moi dormir… le temps à mon âge me le permet…
- Ecartez de mon café au lait toutes ces pilules jaunes, rouges, vertes… c'est amer à souhait…
- Fermez la fenêtre… la neige est tombée…
- Mettez-moi mon dentier… j'aimerais tant manger un morceau de poulet…
- Tenez-moi délicatement… ma peau est si fragilisée…
- Changez-moi ma robe tachée… je vais me promener…
- N'oubliez pas mon pansement… il est détaché…
- Permettez-moi de vous appeler… j'ai si mal au côté…
- Pardonnez-moi si je me suis oubliée… mais la sonnette est à l'opposé…
- Mettez-moi mon appareil auditif… j'entendrai les oiseaux chanter…
- Détachez-moi… il fait si beau pour marcher…
- Regardez-moi pour me parler…vous verrez mes larmes couler…
- Laissez-moi m'isoler… c'est ma liberté de penser…
- Donnez-moi la parole… j'ai toute ma vie à raconter…
- Acceptez-moi à vos côtés même si je suis âgée… je n'ai plus que vous à aimer…"
(Anonyme)
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